Pourquoi cette campagne ?

La France possède 300 armes nucléaires de destruction massive. Chacune de ces armes est 10 fois plus meurtrière que la bombe d’Hiroshima. Une seule de ces bombes peut réduire en cendres toute la population d’une ville de la taille de Paris et tout détruire 15 kilomètres à la ronde.
Ces armes sont destinées à anéantir des villes et des millions de personnes innocentes. En termes politiquement corrects, cela s’appelle la dissuasion pour la défense de nos intérêts vitaux. En réalité, cela s’appelle nous faire vivre sous la menace d’une guerre nucléaire.

Nous ne sommes pas protégés par nos arsenaux nucléaires :
nous sommes juste une cible pour ceux des autres.

Cette campagne « Désarmement nucléaire 2012 » veut développer un débat en France sur ce sujet alors que la plupart des dirigeants politiques ne le souhaitent pas.
La situation est plus dangereuse que pendant la guerre froide alors que les 3/4 des pays souhaitent l’abolition des armes nucléaires. La France pourrait avoir un rôle de propositions internationales de première importance.

Les citoyens méritent un débat qui n’a jamais eu lieu en France.

Envoyez les cartes postales à vos amis, vos collègues, vos responsables et dirigeants politiques, etc., peut faire changer l’opinion publique.

Le désarmement nucléaire, à nous d’en parler !

Ce que nous demandons

  • Que la France s’engage à l’ONU pour la Convention d’élimination des armes nucléaires

  • Que la France applique immédiatement une première mesure de la Convention d’élimination (démantèlement de la force aéroportée)

  • Qu’un débat citoyen soit organisé en France sur une nouvelle politique de sécurité sans armes nucléaires.

Notre objectif

Nous demandons l’élimination totale des armes nucléaires dans le cadre d’une Convention internationale de suivi et de contrôle (campagne ICAN). Comme le maire d’Hiroshima et l’association Mayors for Peace, nous demandons cette élimination pour 2020. Conformément au texte unanimement voté lors de la dernière Conférence d’examen du TNP, nous demandons des mesures immédiates de désarmement nucléaire unilatéral à chacun des pays nucléaires.

Pour nous contacter

Cette campagne « Désarmement nucléaire 2012 » a été lancée à l’initiative du Réseau « Sortir du nucléaire » et du collectif d’associations Armes nucléaires STOP.

Pour tout contact :

  • Réseau « Sortir du nucléaire, 9 rue Dumenge, 69317 Lyon cedex 04
  • Armes nucléaires STOP, 114 rue de Vaugirard, 75006 Paris

Désarmement nucléaire unilatéral et désarmement multilatéral. Comparaison

Le désarmement nucléaire unilatéral correspond à un choix décidé par un pays sans accord ni négociation avec un autre pays. Toutes les décisions de diminution des arsenaux nucléaires décidées par tous les pays (y compris certaines décisions des États-Unis ou de la Russie) ont été des mesures unilatérales sauf les deux traités Start entre les États-Unis et la Russie.

Un exemple frappant est la décision du président George H. Bush le 27 septembre 1991 qui, d’un trait de plume, a pris la décision de détruire toutes les armes nucléaires tactiques basées au sol, de mettre hors alerte les bombardiers stratégiques et 450 missiles Minuteman II et d’annuler le programme de missiles intercontinentaux mobiles.
La réponse russe est venue quelques jours plus tard, le 5 octobre 1991, Mickaël Gorbachev a aussi décidé unilatéralement de démanteler des armes nucléaires tactiques, de mettre 500 missiles hors-alerte et d’annuler des programmes de modernisation d’armes stratégiques.
Le 25 décembre 1991, Gorbachev passe le pouvoir à Boris Eltsine qui déclare peu après saluer les décisions de réduction de Gorbachev et annonce que la Russie est prête à « éliminer ses armes nucléaires sur une base de réduction graduelle à parité ».
Le 28 janvier 1992, Bush annonce que désormais les bombardiers stratégiques ne sont plus en état d’alerte 24h/24, état d’alerte qui avait duré 35 ans et que les États-Unis arrêtaient la production de bombardiers B2.
Les mises en œuvre de ces décisions furent rapides. En quelques années les armes ont été démantelées.

Il faut remarquer que de telle réductions n’ont pas fait l’objet de vérifications mais l’efficacité d’une telle approche est évidente car leur temps de mise en œuvre est très court comparé à celui nécessaire pour mettre au point un traité comme le traité Start qui a demandé un dizaine d’années, qui a été signé en juillet 1991 et est entré en vigueur en 1994. La grande différence réside dans les mesures de vérification qui sont explicitées dans un traité.
George W. Bush a repris la dynamique de son père en 2002 pour signer le « Traité de Moscou », qui n’est pas un traité à proprement parlé puisqu’il ne contient pas de mesures de vérification. Cet accord prévoit pour 2012 que les arsenaux russes et américain ne dépasseront pas 2200 armes nucléaires. En février 2011, Obama a transformé cet accord en un véritable nouveau traité, le Traité New-Start.

La conclusion de ces exemples est que la dynamique d’élimination unilatérale est féconde mais qu’elle ne remplace pas un traité avec des vérifications. Ces deux approchent se renforcent mutuellement, d’où l’importance des propositions énoncées dans la dernière délibération du Traité de non prolifération : « Il convient de procéder à des éliminations d’armes nucléaires de façon unilatérale, bilatérale et multilatérale. »
Inévitablement il faudra, en fin de procédure, un traité ou une convention d’élimination qui procédera à des inspections et des vérifications afin d’éviter « le joueur de trop » que craignent les théoriciens du désarmement. Mais pour la période actuelle, les arsenaux étant tellement sur-dimensionnés, des mesures unilatérales sont indispensables.

96 bombes françaises en état d’alerte

L’état d’alerte de la France est beaucoup plus long que celui des États-Unis et de la Russie car la France n’a pas de silos basé à terre. Explications.

L’état d’alerte russe et américain est très court du fait que le missile envoyé d’un pays sur l’autre met environ 30 minutes à atteindre sa cible. Et la cible est évidemment en priorité les silos nucléaires de l’ennemi.

Une proposition de l’expert Steven Starr consiste à transformer l’état d’alerte actuel (tir de riposte avant impact du missile agressif) en un protocole de tir qui enclenche la riposte après la constatation d’une explosion nucléaire au sol. Un tel changement de procédure évite le cas d’erreur où le missile jugé hostile ne correspond pas à une attaque nucléaire. Car actuellement la guerre nucléaire par erreur n’est pas exclue. Mais un changement de ce type implique une certaine vulnérabilité car l’inconvénient de la nouvelle procédure est que les missiles basés au sol peuvent être détruits lors d’une attaque. Dans les rapports actuels des deux pays, une attaque réellement hostile est tout à fait irréaliste, la confiance devrait donc être de mise. De plus, chacun des deux Etats, Etats-Unis et Russie, dispose de sous-marins qui peuvent riposter même après une destruction des missiles basés au sol, donc un changement de protocole devrait être simple à décider. Ce n’est pas le cas.

Une solution serait de prendre un dimensionnement d’arsenal comme celui de la France : aucun missile basé au sol et seulement des sous-marins. Dans ce cas, le tir d’agression ne peut pas détruire les missiles pour le tir éventuel de riposte. Le délai de tir peut être élargi à plusieurs heures, ce qui est le cas de la France. La solution pour les Américains et les Russes serait alors d’éliminer tout leur arsenal d’ICBM (Intercontinental Ballistic Missiles) qui sont installés dans des silos enterrés en profondeur. Une telle solution implique un désarmement unilatéral de chacun des pays de ce type d’armes.

La France pourrait faire pression sur les États-Unis et la Russie puisqu’elle a déjà dimensionné son arsenal de cette façon. Au lieu de cela, la France vote à l’ONU pour conserver l’état d’alerte actuel. La diplomatie française n’utilise pas d’arguments pour diminuer les arsenaux car la politique française est opposée à toute diminution des force nucléaires.

1 800 bombes en état d’alerte

Le spécialiste du sujet, Steven Starr, a publié récemment un article sur ce sujet. Voici ci-dessous le résumé de son article.

« Bombes Nucléaires en état d’alerte : une menace pour toutes les nations et tous les peuples »

Steven Starr fait d’abord remarquer que, en dépit des déclarations officielles de leurs présidents (relations « normalisées » et guerre nucléaire entre eux « impensable »), les États-Unis et la Russie ont gardé essentiellement la même stratégie militaire nucléaire que pendant la « guerre froide ».

En effet, au moins 800 missiles à longue portée, équipés de plus de 1 700 bombes nucléaires, sont en état d’alerte maximale et permanente avec des centaines de cibles (installations stratégiques et villes principales) présélectionnées. Leur lancement peut être décidé et commandé instantanément par chacun des deux présidents à l’aide d’un « nuclear briefcase », exécuté en quelques minutes et leurs cibles atteintes et anéanties en moins de 40 minutes, quelque soit leur position sur la terre, étant donnée la vitesse de croisière de ces vecteurs (environ 20 000 kilomètres/heure).

Sachant que chacune de ces bombes possède en moyenne un pouvoir de destruction 30 fois supérieur à celui de la bombe d’Hiroshima (ou de Nagasaki), l’on peut aisément imaginer le résultat d’une telle opération.

Mais regardons tout cela de plus près.

Ces missiles (ICBMs = Intercontinental Ballistic Missiles) sont installés soit dans des silos enterrés en profondeur, soit sur des lance-fusées mobiles, soit encore dans des sous-marins (SLBMs = Submarine Launched Ballistic Missiles), tous opérationnels 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

S’il s’agit de répondre à une attaque nucléaire (LOW = Launch-on-Warning) alors les temps des opérations successives, depuis la détection par radar d’un ou plusieurs missiles ennemis jusqu’au lancement de ses propres missiles doivent être extrêmement courts si l’on veut éviter que ces derniers soient détruits avant même de pouvoir être lancés. Le temps typique pour l’ensemble de ces opérations se situe entre 4 et 7 minutes, suivant les différents cas de figure. Par conséquent le temps dont un président dispose pour être informé et prendre sa décision est de l’ordre, voir inférieur à une minute !!!

On voit bien alors où se situe le principal risque des armements nucléaires en état d’alerte permanente : le déclenchement par erreur, ou suite à une décision précipité, d’une guerre nucléaire, avec des conséquences terrifiantes pour l’Humanité toute entière et pour son environnement : un vrai mécanisme auto-destructeur de l’espèce humaine. Or cette situation, pour l’essentiel, n’a pas changé 20 ans après la fin de « guerre froide » !! Sur l’existence effective et les caractéristiques spécifiques de cet état d’alerte, écoutons deux témoignages d’experts :

1. Bruce Blair, ancien responsable du lancement (des missiles), qui dit : « Les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), aussi bien américains que russes, sont constamment ravitaillés en carburant, ciblés, et en attente d’un signal électronique provenant d’un ordinateur pour être lancés », et

2. Eugene Habiger, général de l’Air Force, ancien chef du commandement stratégique des États-Unis, qui affirme : « … l’état naturel d’un ICBM est celui de l’alerte, équipé de ses têtes nucléaires et du carburant solide prêt pour le lancement ».

Conséquences dévastatrices de l’environnement d’une guerre nucléaire : l’« hiver nucléaire »

Le plus grave effet dévastateur d’une guerre nucléaire, même régionale (exemple Inde-Pakistan), est celui dit de l’« hiver nucléaire » : de quoi s’agit-il ? Suite au déclenchement d’une attaque (ou riposte) nucléaire dans des zones urbaines et/ou industrielles, des incendies immenses seraient provoqués qui bruleraient tout sur leur passage produisant des millions de tonnes de fumées noires et épaisses, dont une grande partie monterait dans la stratosphère.

Ceci aurait deux effets concomitants et opposés : d’une part un réchauffement des couches les plus hautes de la stratosphère provoquant une destruction massive de la couche d’ozone, protectrice vis-à-vis des rayons ultraviolets, et d’autre part une obscurité en direction du sol provoquant un baisse de la température comparable à celle connue à la dernière ère glaciaire, il y a environ 18 000 ans (une diminution d’environ 20°C) et typiquement pendant une dizaine d’années : c’est cela l’« hiver nucléaire ». Dans ces conditions des centaines de millions d’humains périraient de famine, et de nombreuses formes de vie disparaîtraient.

Il faut donc éliminer les armes nucléaires en état d’alerte

Le scénario ainsi esquissé est prouvé par des études scientifiques sérieuses et récentes, soumise au contrôle d’experts (referees peer-reviewed), qui montrent que tout conflit nucléaire peut provoquer la mort de centaines de millions de personnes même loin de la zone du conflit. De plus, l’utilisation de seulement une petite fraction des arsenaux des deux superpuissances (États-Unis et Russie) suffirait pour produire des dommages catastrophiques à l’environnement global et aux écosystèmes qui sont à la base de l’activité agricole dont dépend la société humaine.

Or, aucun des responsables des États en possession d’armes nucléaire n’a jamais admis les effets apocalyptiques d’une guerre nucléaires, ni a jamais été ouvert à une évaluation scientifique ni à un débat public sur ce sujet.

Sont-ils dans l’ignorance ou dans la mauvaise foi ? Il est donc urgent de permettre une telle évaluation d’une manière ouverte et publique, avant que cela ne soit pas trop tard !

Les armes nucléaires ne peuvent assurer aucune « sécurité nationale », étant donné qu’une seule défaillance d’une « force de dissuasion » peut mettre fin à l’histoire de l’Humanité. Nous devons éliminer les arsenaux d’armes nucléaires AVANT qu’ils ne nous éliminent !!!

Combien ça coûte ?

Quelques données sur le coût du nucléaire militaire en France :

• Budget nucléaire militaire en 2011 ………………..3,4 milliards d’euros

• Coût du programme de missiles M51……………..8,5 milliards d’euros

• Coût de construction du laser Mégajoule ………..3,0 milliards d’euros

• Prix d’un sous-marin nucléaire (SNLE) ……………2,5 milliards d’euros

Il s’agit bien sûr, d’estimations, tant l’opacité est grande. Notamment le montant du démantèlement des armes nucléaires, par exemple, ou le coût de la gestion des déchets nucléaires militaires ne sont pas pris en compte dans les chiffres ci-dessus issus de documents officiels.

 

Quelques éléments de comparaison

• Avec le budget consacré chaque année à la force nucléaire, nous pourrions construire : 17 CHU ou 170 lycées ou des éoliennes qui remplaceraient 3 réacteurs nucléaires…

• Avec 3,4 milliards d’euros par an, il est possible de payer 85 000 instituteurs. Or, à la rentrée 2012, 16 000 postes n’ont pas été renouvelés dans l’éducation.

Les arsenaux

RUSSIE                           11 000 bombes

ÉTATS-UNIS                    8 500 bombes

FRANCE                               300 bombes

CHINE                                   240 bombes

ROYAUME-UNI                   225 bombes

PAKISTAN                      90-110 bombes

INDE                                80-100 bombes

ISRAËL                                    80 bombes

CORÉE DU NORD              10< bombes

Total                              ~ 22 500 bombes

1 800 bombes sont en état d’alerte

Les États-Unis et la Russie ont actuellement un protocole de tir en une vingtaine de minutes après détection d’un missile non-identifié… Pour la France, il est d’environ deux heures.

Dualité civil-militaire

Un réacteur de 1000 MW produit chaque année suffisamment de plutonium pour faire une vingtaine de bombes. La séparation chimique du plutonium est réalisée dans des usines dites de retraitement (La Hague en France).

L’enrichissement de l’uranium doit être de 3 % pour les réacteurs et de 95 % pour les armes. Dans les deux cas ce sont les mêmes installations de centrifugeuses. Avec 1 000 centrifugeuses il peut être produit une bombe par an.

Petit mémento sur la panoplie nucléaire de la France en 2011…

… pour que les candidats aux élections ne commettent pas d’erreurs !

• 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) dont au moins un en mission emportant 16 missiles, chacun équipé de 6 têtes nucléaires (puissance totale dans un SNLE : 1 000 fois la bombe d’Hiroshima).

• 2 escadrons d’avions Mirage et Rafale, chaque avion pouvant emporter deux missiles nucléaires (AMSP-A, 500 km de portée).

• Missiles pour les sous-marins : M45 (6 000 kilomètres de rayon d’action) et M51 (9 000 kilomètres de rayon d’action).

• Total du nombre de bombes nucléaires en service : 300.

• Outils de recherche : accélérateur Airix (région parisienne) et une version plus récente prévue à Valduc (Côte d’Or), Epure en collaboration avec le Royaume-Uni  ; Laser Mégajoule (près de Bordeaux) ; Calculateur Téra (région parisienne).

Le Traité de non-prolifération (TNP), qu’est-ce que c’est ?

Dans son article VI, le Traité de non-prolifération (TNP) impose aux pays nucléaires déclarés en 1970 d’éliminer leurs armes nucléaires. Les autres pays ont pu devenir membres de ce Traité parce qu’ils n’avaient pas d’armes nucléaires et qu’ils s’engageaient à ne pas en avoir.

Tous les États en sont actuellement membres, sauf l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.

Le TNP ne précise ni dates ni étapes de désarmement. D’où la nécessité d’une Convention d’élimination.

Lire le texte complet du TNP

Pour en savoir plus sur la dernière conférence d’examen du TNP de 2010 (site officiel)

Pourquoi une Convention d’élimination des armes nucléaires

À l’exemple de la Convention d’élimination des armes chimiques — que 98 % des États ont signée et qui aboutira à leur élimination complète vers 2013 sous contrôle international —, la Convention d’élimination des armes nucléaires interdira la mise au point, l’essai, la fabrication, le stockage, le transfert, l’emploi et la menace d’emploi d’armes nucléaires. Elle prendra également en compte l’interdiction des matières fissiles et des missiles.

L’élimination des armes nucléaires se fera en quinze ans à partir de l’entrée en vigueur de la Convention, selon un calendrier comportant cinq étapes, à savoir :

• levée de l’état d’alerte ;

• arrêt de production de nouvelles armes ;

• mise hors service des armes ;

• démantèlement des armes ;

• élimination des matières fissiles.

La nécessité d’une telle Convention a été votée par l’Assemblée générale de l’ONU par les 3/4 des pays en décembre 2010.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.